{"id":86,"date":"2009-01-15T10:55:46","date_gmt":"2009-01-15T09:55:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/?p=86"},"modified":"2011-09-02T13:54:06","modified_gmt":"2011-09-02T11:54:06","slug":"de-la-planche-a-billets-et-des-risques-dinflation","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/?p=86","title":{"rendered":"De la planche \u00e0 billet et des risques d&rsquo;inflation"},"content":{"rendered":"<p>L&rsquo;aggravation de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re ont conduit les banques centrales \u00e0 agir et \u00e0 utiliser les outils classiques de la politique mon\u00e9taire afin de lutter contre la r\u00e9cession. Tous les instituts d&rsquo;\u00e9mission ont ainsi baiss\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises depuis l&rsquo;automne dernier leurs taux directeurs ( la plupart sont d\u00e9sormais au voisinage de 1%, 2% pour la BCE). Elles ont \u00e9galement inject\u00e9 des liquidit\u00e9s par milliards sous formes de pr\u00eats court terme gag\u00e9s sur des actifs de plus en plus larges, cr\u00e9ances commerciales , hypoth\u00e9caires,&#8230;) .<!--more--><\/p>\n<p>Cette politique classique de d\u00e9tente des taux mon\u00e9taires et d&rsquo;apport de liquidit\u00e9s au syst\u00e8me bancaire a atteint aujourd&rsquo;hui ses limites. La situation sur les march\u00e9s interbancaires s&rsquo;est effectivement am\u00e9lior\u00e9e avec une forte baisse des taux depuis novembre mais sans \u00eatre revenu \u00e0 un niveau normal d&rsquo;avant crise. On constate d&rsquo;ailleurs que les conditions d&rsquo;octroi de cr\u00e9dit sont devenus partout plus restrictives (enqu\u00eates Banque de France , Bank of England et BCE). En d\u00e9pit des discours affich\u00e9s y compris pour la BCE on s&rsquo;oriente vers des politiques mon\u00e9taires qui tendent vers z\u00e9ro. Or les taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eats nominaux ne peuvent descendre en dessous de z\u00e9ro (c&rsquo;est la fameuse \u00ab trappe \u00e0 liquidit\u00e9s \u00bb analys\u00e9e par Keynes lors de la grande d\u00e9pression des ann\u00e9es trente.)<\/p>\n<p>Si les pressions d\u00e9flationnistes persistent (baisse des prix sur le march\u00e9s des biens mais \u00e9galement baisse de la production, de l&#8217;emploi, des salaires et d\u00e9pr\u00e9ciation acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e du prix des actifs), les outils classiques vont devenir rapidement inop\u00e9rants. Les banques centrales vont devoir utiliser des outils non conventionnels. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs ce qu&rsquo;elles ont annonc\u00e9 derni\u00e8rement.<\/p>\n<p>De pr\u00eateur de dernier ressort, les banques centrales sont devenues des acheteurs de dernier ressort en rachetant les cr\u00e9ances des banques commerciales et en leur fournissant des liquidit\u00e9s qui leur servira \u00e0 octroyer des pr\u00eats aux m\u00e9nages et aux entreprises. Les banques sont cependant r\u00e9ticentes \u00e0 pr\u00eater compte tenu des risques encourus suite au retournement de la conjoncture (hausse probable des d\u00e9fauts et risque de non recouvrement des cr\u00e9ances et cr\u00e9dits octroy\u00e9s). Elles pr\u00e9f\u00e8rent au contraire conserver ces liquidit\u00e9s ou ne les pr\u00eater qu&rsquo;\u00e0 tr\u00e8s court terme au jour le jour ou \u00e0 la semaine quitte \u00e0 les repr\u00eater \u00e0 la Banque Centrale.<\/p>\n<p>L&rsquo;utilisation de ces techniques entra\u00eenent une augmentation de la masse mon\u00e9taire mais n&#8217;emp\u00eachent pas jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent une remont\u00e9e des prix (mouvement de \u00ab reflation \u00bb de l&rsquo;\u00e9conomie) et une reprise de l&rsquo;activit\u00e9. En effet, il ne suffit pas de fournir des liquidit\u00e9s pour faire repartir la demande, en particulier quant les agents \u00e9conomiques ne pensent qu&rsquo;\u00e0 se d\u00e9sendetter et reconstituer leur \u00e9pargne. On rappelle ici les trois motifs keyn\u00e9siens de d\u00e9tention d&rsquo;encaisses mon\u00e9taires : le premier r\u00e9side dans le d\u00e9sir de transaction afin d&rsquo;acqu\u00e9rir des biens et services dans le cadre des \u00e9changes commerciaux, le deuxi\u00e8me, le motif de pr\u00e9caution consiste \u00e0 conserver ses disponibilit\u00e9s sur son compte courant pr\u00e9servant ainsi ses avoirs mais de mani\u00e8re non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p>Le troisi\u00e8me s&rsquo;explique par le motif de sp\u00e9culation et consiste \u00e0 investir dans des actifs financiers dont on anticipe une appr\u00e9ciation future (plus value en capital) et, ou un flux de revenus futurs sous forme d&rsquo;int\u00e9r\u00eats (titres de cr\u00e9ances) ou de revenus probables (dividendes en actions de soci\u00e9t\u00e9s). Ce dernier motif ne peut se r\u00e9aliser que dans des situations tout \u00e0 fait particuli\u00e8res et favorables : faible degr\u00e9 d&rsquo;incertitude concernant l&rsquo;environnement \u00e9conomique (visibilit\u00e9 concernant la croissance de l&rsquo;activit\u00e9 et des profits), fortes anticipations des agents \u00e9conomiques pour une appr\u00e9ciation des actifs financiers (hausse des cours de la Bourse notamment), cadre l\u00e9gislatif et fiscal attractif.<\/p>\n<p>Ces conditions ne sont \u00e9videmment pas r\u00e9unies aujourd&rsquo;hui et expliquent la d\u00e9prime g\u00e9n\u00e9rale des march\u00e9s boursiers.<\/p>\n<p>Compte tenu de la faiblesse de la demande priv\u00e9e des entreprises (baisse de l&rsquo;investissement) et des m\u00e9nages (faiblesse de la consommation), les pouvoirs publics doivent augmenter les d\u00e9penses publiques ( grands travaux d&rsquo;infrastructures par exemple) afin de relancer l&rsquo;activit\u00e9. Cette politique budg\u00e9taire qui consiste \u00e0 baisser les imp\u00f4ts et \u00e0 relancer les d\u00e9penses r\u00e9alis\u00e9es par l&rsquo;Etat se traduit bien \u00e9videmment par une forte hausse de l&rsquo;endettement public. Cette hausse de la dette publique entra\u00eene g\u00e9n\u00e9ralement une hausse des taux d&rsquo;int\u00e9r\u00eats sur les emprunts d&rsquo;Etat (cf. article Caisse de Refinancement de la Dette Publique Europ\u00e9enne). Afin de contenir l&rsquo;accroissement du co\u00fbt de la dette et favoriser la baisse des taux y compris sur la partie longue de la courbe, la Banque Centrale n&rsquo;a d&rsquo;autre moyen que de proc\u00e9der au rachat de la dette publique (bons du Tr\u00e9sor mais aussi emprunts \u00e0 plus longue \u00e9ch\u00e9ance). Ce faisant, elle mon\u00e9tise la dette publique \u00ab la planche billets \u00bb. La base mon\u00e9taire s&rsquo;accro\u00eet alors fortement. L&rsquo;objectif de la Banque Centrale est de contrer la d\u00e9flation (la baisse g\u00e9n\u00e9rale des prix) et faire revenir les anticipations des agents concernant ceux-ci vers sa cible d&rsquo;inflation<\/p>\n<p>( g\u00e9n\u00e9ralement +2%).<\/p>\n<p>Cette politique n&rsquo;entra\u00eene pas forc\u00e9ment une reprise des prix (voire une hyper inflation comme en Allemagne en 1923). Si les agents \u00e9conomiques (banques, entreprises et m\u00e9nages) continuent de th\u00e9sauriser leur disponibilit\u00e9s en ne les investissant pas ou en ne les d\u00e9pensant pas car leurs revenus n&rsquo;augmentent pas, il n&rsquo;y a peu de chance de voir repartir l&rsquo;inflation, celle-ci \u00e9tant devenue aujourd&rsquo;hui la solution alors qu&rsquo;elle \u00e9tait encore le probl\u00e8me jusqu&rsquo;en juillet dernier (hausse du p\u00e9trole \u00e0 pr\u00e8s de 147 $).<\/p>\n<p>Seule une reprise de la confiance peut alors jouer l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur pour une reprise de l&rsquo;activit\u00e9 et des prix mais aucun instrument de politique \u00e9conomique n&rsquo;existe \u00e0 ce jour car elle d\u00e9pend du climat g\u00e9n\u00e9ral des affaires et du sentiment de chacun des agents \u00e9conomiques concernant son avenir.<\/p>\n<p>Alain BATROW. Le 15 01 2009<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;aggravation de la crise \u00e9conomique et financi\u00e8re ont conduit les banques centrales \u00e0 agir et \u00e0 utiliser les outils classiques de la [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[11,5,4],"tags":[],"class_list":["post-86","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-blog-ecofi","category-dettes-souveraines","category-finance"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/86","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=86"}],"version-history":[{"count":1,"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/86\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":87,"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/86\/revisions\/87"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=86"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=86"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/www.blue-bears.com\/blog\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=86"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}