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INSEE PREV T4 & FY2011

2011 T3 +0.3% T4 0% FY +1%

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Au cours de l’été 2011, le climat conjoncturel s’est nettement détérioré dans l’ensemble des économies avancées. Ainsi, en France, le climat des affaires s’est, depuis juin, sensiblement dégradé dans l’industrie, les services et le commerce, et les indicateurs disponibles en septembre signalent tous un retournement de la conjoncture.

Au deuxième trimestre, l’activité avait déjà fléchi dans les économies avancées : la croissance n’y a été globalement que de 0,1 %, dans un contexte de quasi-stagnation du commerce mondial. Le ralentissement observé au printemps trouve son origine dans les conséquences du séisme au Japon et dans la hausse des prix des matières premières. Il tient sans doute également à l’orientation plus restrictive des politiques économiques : lutte contre la surchauffe inflationniste dans les pays émergents ; stratégies de consolidation budgétaire dans les économies avancées. Mais le caractère temporaire de certains de ces chocs laissait entrevoir des perspectives de rebond au second semestre.

Les évènements de l’été ont mis à mal un tel scénario. Dans la zone euro, un regain d’incertitude est survenu dès le début de l’été, alimenté par la crise des dettes souveraines. Il a entraîné un fort recul des indices boursiers, notamment des institutions financières. Finalement, la succession de chocs défavorables a pesé sur les anticipations des chefs d’entreprise, et les perspectives de croissance à l’horizon de la fin de l’année s’en trouvent fortement modifiées. Au troisième trimestre, les données disponibles laissent augurer une légère hausse de l’activité dans les économies avancées, notamment grâce à un rebond « technique » de la consommation. Mais, sans élan, elles seraient proches de la stagnation au quatrième trimestre.

La France s’inscrirait dans ce mouvement global. La croissance du PIB serait de 0,3 % au troisième trimestre, puis de 0,0 % au quatrième. La dynamique de l’investissement et de l’emploi, moteur continu de la reprise depuis mi-2009, faiblirait nettement au deuxième semestre 2011. L’investissement freinerait, face à des débouchés extérieurs en panne et dans un contexte d’incertitude accrue. Et les secteurs marchands ne créeraient que 24 000 emplois au second semestre, contre 112 000 au premier. Le taux de chômage augmenterait donc à nouveau, malgré une intensification du recours aux emplois aidés d’ici la fin de l’année.

Seul soutien à l’activité, la consommation des ménages rebondirait au troisième trimestre, après le recul, ponctuel, observé au deuxième trimestre. Elle croîtrait ensuite modérément au quatrième trimestre, en ligne avec le pouvoir d’achat. Le taux d’épargne des ménages français se maintiendrait à un niveau élevé.

Le scénario de ce point de conjoncture est entouré de très fortes incertitudes. La plus importante concerne la crise européenne et sa transmission à l’économie réelle. On ne perçoit pas aujourd’hui de signes tangibles d’un resserrement généralisé des conditions de financement des agents privés en Europe, notamment en raison de l’intervention des banques centrales pour fournir des liquidités au système financier. Le scénario présenté ici ne suppose pas d’aggravation des tensions financières à l’horizon de la fin de l’année ; mais un grippage des canaux de financement de l’économie ne peut être exclu, et il aurait pour conséquence un freinage plus prononcé de la demande.

En revanche, la mise en œuvre par les pays concernés de mesures susceptibles de restaurer la confiance des agents économiques en la solidité du système financier mondial pourrait créer un effet favorable sur les anticipations. Par ailleurs, un recul des prix du pétrole, une fois levées certaines contraintes d’offre, pourrait soutenir l’activité des économies avancées et servir d’amortisseur à la dégradation de l’activité.